AEF 2007406 :
Le Haut conseil de la science et de la technologie prône la mise en place
d'une "stratégie d'immigration scientifique et technique"
La réforme de la formation initiale et continue des professeurs d'écoles, la
refonte des programmes scolaires, l'information sur la vie professionnelle
au collège et au lycée et le lancement d'une réflexion sur l'amélioration de
l'attractivité des carrières scientifiques. Telles sont les recommandations
du Haut conseil de la science et de la technologie dans un avis sur la
désaffection des jeunes pour les études scientifiques supérieures qu'il a
remis à Jacques Chirac, président de la République, mercredi 4 avril 2007.
Il s'agit de l'un des deux premiers avis du Haut conseil, institution créée
par la loi de programme pour la recherche d'avril 2006 et installé en
septembre dernier (L'AEF du 25/09/2006, 68860).
Le Haut conseil estime que "ces recommandations ne pourront être mises en
œuvre que progressivement et [que] leurs fruits n'apparaîtront qu'à moyen
terme". C'est pourquoi il propose "la constitution d'une mission
interministérielle chargée de définir une stratégie d'immigration
scientifique et technique qui permette de retrouver rapidement une position
compétitive sur le marché mondial de l'emploi scientifique et technique".
PARTICULARITÉS FRANÇAISES
Le Haut conseil a recherché "les causes majeures" de la désaffection des
jeunes pour les études scientifiques à deux niveaux: l'attractivité de la
science pour les jeunes et l'attractivité des études supérieures et des
carrières scientifiques. L'instance souligne que ses "nombreux entretiens
l'ont conduite à focaliser ses recommandations sur l'enseignement scolaire".
Le HCST note que ce phénomène de désaffection est international et touche la
plupart des pays européens. Il constate cependant des particularités
françaises. Ainsi, la désaffection n'apparaît qu'à l'entrée de
l'enseignement supérieur, alors qu'elle se manifeste ailleurs dès le
collège.
"L'enseignement scolaire donne de la science une image peu enthousiasmante,
avec des programmes inadaptés et une démarche pédagogique plus orientée vers
la sélection que vers la formation à la pratique scientifique. Les
perspectives professionnelles apparaissent comme peu attractives au regard
d'études longues et difficiles." Autre élément du diagnostic: "L'écrémage
fait à la sortie du baccalauréat par les classes préparatoires, voire depuis
quelques années par les Instituts universitaires de technologie, conduit à
une mauvaise image des formations scientifiques du premier cycle
universitaire."
RECOMMANDATIONS DANS L'ENSEIGNEMENT SCOLAIRE
Pour accroître l'attractivité des sciences auprès des jeunes, le HCST
propose de "donner à la science et à l'exercice des métiers scientifiques
une place plus importante dans les médias". Il recommande aussi de "procéder
à une évaluation des actions périscolaires et pour celles qui seraient
retenues, de favoriser leur implantation et leur généralisation dans les
établissements scolaires".
L'autorité juge "très regrettable qu'environ deux tiers des élèves du
primaire ne reçoivent aucune exposition à la science et à la technologie" et
met en avant les succès de l'opération "La main à la pâte" (L'AEF du
16/01/2007, 73770). Pour le Haut conseil, la formation continue des
professeurs d'école, en particulier en sciences doit être rendue
obligatoire. De plus, la généralisation à l'école d'un enseignement
scientifique fondé sur l'expérimentation suppose une "refonte assez radicale
de la formation initiale des maîtres". C'est pourquoi le HCST propose
"l'habilitation de licences pluridisciplinaires dans les universités,
préparant au métier de professeur des écoles, et une réforme des Instituts
universitaires de formation des maîtres accentuant la didactique des
disciplines scientifiques".
Au collège et au lycée, le Haut conseil plaide avant tout pour une meilleure
information des élèves sur les métiers scientifiques et leurs débouchés.
L'institution considère essentiel que "la formation proprement dite des
élèves soit mieux distinguée de la sélection pour que les élèves choisissent
au lycée des sections conformes à leurs aptitudes et leurs aspirations".
"Constituer une section donnant un poids comparable aux mathématiques, aux
sciences de la nature et de la vie, aux sciences sociales et aux humanités"
et "offrir aux meilleurs élèves dans une discipline donnée la possibilité de
suivre des options d'approfondissement qui leur permettent d'atteindre un
niveau supérieur à celui qui est requis de tout bachelier" font également
partie des pistes avancées.
Cela passe aussi par "une révision radicale des programmes scolaires,
actuellement trop vastes et trop abstraits pour être assimilés par tous les
futurs bacheliers", "une participation des représentants de la société
civile à l'élaboration de ces programmes", "une validation par des instances
indépendantes de l'adéquation des manuels scolaires aux objectifs affichés"
et "de nouvelles formes d'épreuves pour le baccalauréat".
ATTRACTIVITÉ DES CARRIÈRES SCIENTIFIQUES
Pour lutter contre l'image dégradée des formations scientifiques au niveau
du premier cycle, le HCST envisage la restauration du "recrutement sélectif,
après le baccalauréat, d'élèves-professeurs rémunérés durant leurs études".
La réflexion sur les carrières scientifiques doit avoir lieu dans "un cadre
élargi au partenariat entre la recherche publique et les entreprises, en
lien avec les initiatives européennes". Le Haut conseil engage le ministère
chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche à "rester très
vigilant sur cette question, à assurer aux jeunes doctorants et aux docteurs
des conditions satisfaisantes de ressources et de travail et à veiller à ce
que le fonctionnement des écoles doctorales soit bien conforme aux objectifs
visés dans les différents textes législatifs ou réglementaires encadrant ce
cycle de formation". L'instance juge en outre que "de trop rares
opportunités de carrières latérales sont offertes aux scientifiques". Ainsi,
les jeunes ne voient dans la science "ni une véritable possibilité de
carrière ni une première étape dans une carrière dans la fonction publique
ou dans l'industrie".
L'institution affirme "poursuivre aujourd'hui ses réflexions sur la question
de l'attractivité des carrières scientifiques pour les femmes". Il
recommande "dès à présent la mise en œuvre de certaines des recommandations
du récent rapport du Comité pour l'égalité professionnelle entre les femmes
et les hommes dans l'enseignement supérieur et la recherche" (L'AEF du
11/12/2006, 72414).
Contact: Secrétariat général du HCST, 01 55 55 83 29 ,
secretariat@hcst.fr
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Candidatures en classes préparatoires: +8,6% pour la filière économique et
commerciale
Les candidatures en CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) pour la
rentrée 2007 sont en augmentation globale de 1,4%, dans le cadre de la
procédure normale. On dénombrait 353 471 candidats en 2006, ils sont
désormais 358 458 candidats, selon les chiffres transmis par le ministère de
l'Éducation nationale. Les inscriptions sont closes depuis le 25 mars 2007.
C'est dans la filière économique et commerciale que la hausse est la plus
sensible (8,6%) pour un nombre de candidatures de 94 748. Le plus gros
effectif, la filière scientifique, perd elle des candidats (-1,27%) et
représente 206 525 candidatures. La filière littéraire reste stable avec 56
246 candidatures.
Filière Candidatures 2007 Candidatures 2006 Différence en valeur
Pourcentage
Économique et commerciale 94 748 87 209 7 539 +8,60%
Scientifique 206 525 210 149 -3 624 -1,72%
Littéraire 56 246 56 113 133 0,24%
Classe préparatoire aux études supérieures 938
Total 358 458 353 471 4 987 1,41%
