..qui est certes très critique vis à vis des CPGE, mais qui fait des propositions qui vont, me semble-t-il, dans le sens des orientations que nous préconisons nous-mêmes à Brizeux ...
Je me suis permis de mettre en gras les passages qui le suggèrent :
Diversité sociale dans les prépas: le rapport du Sénat dénonce des formations de plus en plus élitistes
"Il y a 20 ans, 29% des élèves des classes préparatoires étaient issus de catégories sociales défavorisées. Aujourd'hui, ils ne sont que 9%." Tel est le constat de départ du rapport sur la diversité sociale et l'égalité des chances dans ces filières, établi par une mission d'information du Sénat constituée en juin 2006. Ce texte sera présenté mercredi 12 septembre 2007 devant la commission des affaires culturelles du Sénat par Jacques Legendre (UMP), président de la mission, et Yannick Bodin (PS), rapporteur. "En prépa, l'élite reproduit de plus en plus l'élite. L'idée est de mettre fin à un vrai 'délit d'initié' ", explique Yannick Bodin, qui révèle à L'AEF les grandes lignes du rapport.
AUTOCENSURE. "Nous avons constaté que beaucoup de jeunes considèrent que les classes préparatoires ne sont pas faites pour eux, même s'ils ont de bons résultats", remarque Yannick Bodin. Cette orientation ne serait pas considérée comme "naturelle" et peu encouragée. "La réponse, c'est de repenser tout le système d'information et d'orientation, dès le collège. Le problème, c'est que les professeurs considèrent que ce n'est pas leur métier!" Le rapport propose aussi de simplifier les dénominations des CPGE scientifiques. "On suggère de les resserrer autour d'un tronc commun, pour éviter que les élèves ne se perdent dans le maquis de ces formations." La notation, traditionnellement "très dure et déstabilisante", est également critiquée. "Nous demandons à tous les professeurs de revoir leurs barèmes", déclare Yannick Bodin. "Un étudiant qui connaît le système sait qu'un 5/20 n'est pas forcément catastrophique. Mais dans certaines familles moins informées, cela peut être très décourageant, et susciter des abandons."
INÉGALITÉS TERRITORIALES. "Une quinzaine de départements n'ont pas de classes préparatoires", regrette Yannick Bodin. Il remarque que la proximité immédiate de ces formations est un levier déterminant pour encourager les élèves à s'y inscrire. "Il faut revoir la géographie de l'implantation des CPGE, afin de favoriser une égalité d'accès à tous les étudiants", explique-t-il. En revanche, le rapport n'aborde pas la possibilité d'intégrer ces formations aux universités. "Nous n'avons pas voulu entrer dans une polémique, et l'ouverture sociale de ces filières ne passe pas nécessairement par là", estime Yannick Bodin.
OUVERTURE SOCIALE. Le rapport revient sur les différentes expériences menées par Henri-IV, l'Essec, la CGE (Conférence des grandes écoles) ou Sciences Po pour diversifier leur public. "Nous demandons une vraie évaluation de ces dispositifs, sous l'autorité des recteurs, afin de voir si certains sont plus efficaces que d'autres." Le texte propose aussi la mise en place de tuteurs spéciaux, par exemple des professeurs, qui accompagneraient les lycéens qui souhaitent s'orienter vers ces filières. Le rapport défend également une meilleure promotion des classes préparatoires technologiques, qui recrutent davantage de jeunes issus de milieux défavorisés.
FINANCEMENT. "Vu le montant des bourses et les difficultés pour se loger, beaucoup de jeunes de milieux défavorisés hésitent à se lancer dans un parcours qui durera minimum 5 ans", estime Yannick Bodin. Au-delà de la révision du système des aides sociales, le rapport suggère de créer des internats dans tous les lycées hébergeant des prépas.
